Performance
17 août 2007 à 20h00
 

La Fête de la voie et des voix en couleurs

Allan Harris  /  Joe Boehler  /  Les musiciens  /  Photos du concert  /  Photos du cocktail  /  Compte-rendu du concert

 

Allan Harris

Site web

Dans la jungle technologique qui nous en met aujourd’hui plein les yeux et les oreilles, la voix profonde, sincère et rythmée des grands jazzmen est toujours là et bien là, incarnée par Allan Harris, et c’est une vraie bouffée d’air frais. «Alors que de nos jours les chanteurs de jazz masculins en dessous de la soixantaine qui ont un véritable talent se font rares, l’émergence d’Allan Harris est un heureux événemen », écrit Scott Yanow dans «La Jazz Scene».

Né à Brooklyn, Allan a baigné dans la musique dès son enfance. Sa mère était pianiste de classique et sa tante chanteuse d’opéra, également propriétaire d’un restaurant à Harlem. Sa passion pour la musique grandit avec l’âge : à 12 ans il étudiait la guitare classique avec Vladimar Bobri, président de la Classical Guitar Guild ( Association de Guitare Classique ). Ses soirées étaient souvent passées au restaurant de sa tante, où tous les grands du jazz faisaient halte après leurs concerts dans les clubs de la ville. Allan les écoutait des heures durant parler de leur histoire et de leurs ambitions. C’est pendant cette période qu’Harris décida qu’il voulait être musicien.

Sa famille déménagea à Pittsburgh quand Harris avait 16 ans. « Je me suis vraiment fait les griffes à Pittsburgh. C’est la source de géants tels que Ray Brown, Stanley Turrentine, Art Blakey, Eddie Jefferson et George Benson pour n’en citer que quelques uns. Mais la plupart n’ont fait leurs marques qu’après avoir quitté la ville et c’est pour cela que je suis parti pour Atlanta après le lycée. Là-bàs, j’ai fait du R&B mais je n’évoluait pas en tant qu’artiste. »Tony Bennet le poussa alors à venir jouer à New York après l’avoir entendu en concert, ce qui lui ouvrit de grandes portes dans le monde de la musique.

Harris jongle aujourd’hui avec un programme de tournées très chargé et un travail sur l’opéra jazz « Lulu Noir » en compagnie du trompettiste Jon Faddis et de Lee Breuer qui en écrit le texte : basé sur une pièce de théâtre allemande, il conte l’amitié intense entre une prostituée et un vieil homme. La première de ce projet eut lieu lors du Philadelphia Mellon Jazz Festival le 9 juin 1995 avec Harry dans un des rôles principaux, accompagné par les chanteurs Jon Hendricks, Kevin Mahogany et le bassiste Milt Hinton.

Harris a également publié récemment son premier album « It’s a Wonderful World » sous le label Mons Records. Il y a réuni quantité d’artistes aussi prestigieux que Benny Green (piano), Mark Whitfield (guitare), Jeff Hamilton (batterie), Claudio Roditi (trompette), Tom Varner (cor) et Ray Brown (contre-basse). « Inutile de vous dire que cela n’a pas été facile d’avoir Ray Brown à la basse, » explique Harris, « Finalement cela s’est fait, il était là, lui qui avait travaillé avec des géants comme Ella. Il m’a été une véritable inspiration. » L’album a déjà connu un grand succès et a été immédiatement suivi par « Here comes Allan Harris and the Metropole Orchestra » sur lequel il interprète des standards de jazz avec un arrangement pour orchestre.

Photos du concert d'Allan Harris le 12.4. 2005 à la Radio Suisse Romande
 

 

Joe Boehler

Biographie   /   Oeuvres
 

Joe Boehler plasticien - performeur né à Strasbourg en 1945. Entre en art par le biais du compagnonnage en 1967. Expose à Cannes, Deauville, Paris, Rome, Strasbourg, Berlin, Avignon, Rio de Janeiro, Poitiers, Divonne et en Suisse Romande où il vit. Se rend en Haïti dans le cadre de l’opération “Nova Helvetia”. Nombreuses performances musicopicturales à thème, comme “Bleu et Blue“ et “Comme au Cinéma” avec différents groupes de musiciens. Fonde avec Fanny Audemars l’atelier – galerie ABPi SA et prend en résidence de jeunes créateurs.
 

 

Les musiciens


François Allaz, g

Ivor Malherbe, cb

Jean Rochat, perc



Concert-performance

Diaporama de 11 photos



Cocktail

Diaporama de 48 photos

 

La fête de la voie et des voix en couleurs
Performance musicale et artistique du 17 août 2007

Fin de journée et fin de semaine, c’est dans l’agitation des derniers préparatifs qu’arrivent les premiers invités dans les locaux d’ABpi. Les toiles de visages rouges, ocres et currys de Joe Boehler les accueillent. Ces couleurs chaudes ne sont que les prémices de celles qui se dévoileront dans la soirée. En effet, tout le monde est là pour La fête de la voie et des voix en couleurs, performance musicale et artistique avec la présence très attendue d’Allan Harris, chanteur de jazz new-yorkais.

Vers vingt heures quinze, la galerie est pratiquement pleine, et le spectacle peut commencer. La scène s’éclaire et le peintre-chanteur Joe Boehler annonce le début de cette "performance bizarre avec des grands de la musique". Il y a ceux que l’on a déjà pu voir à ABpi comme le guitariste François Allaz, le contrebassiste Ivor Malherbe et le percussionniste Jean Rochat, qui, pour la première fois, sont réunis sur la même scène. Sans oublier Allan Harris qui nous honore de sa présence par sa voix et son incroyable gentillesse. Le ton est donné : cinq musiciens hors pair et un performeur vont nous tenir en haleine pour cette première très spéciale.

Le show commence…. Une ambiance mystérieuse se dégage de la musique et du chant lancinant d’Allan. Derrière lui, Joe se dresse devant une grande toile noire sur laquelle il commence déjà à jeter de la peinture. Un regard se dessine, des couleurs se superposent de plus en plus rapidement sur le rythme musical qui s’accélère. Tout se mélange et Joe vêtu entièrement de blanc, devient sauvage. Il attrape son micro. Il grogne, crie et hurle. Avec lui, par un dialogue complice, le dandy noir contraste en échangeant des sons ronds et chauds. Les rôles sont inversés, le civilisé est noir et le sauvage blanc. Le son se construit. Les artistes cohabitent. Ils sont de connivence pour faire monter la tension. Blues, funk et jazz emmènent le public déjà complètement absorbé. Il hoche de la tête et bat la mesure.

Soudain, tout ralenti. On n’entend presque plus rien, comme si les musiciens s’étaient complètement arrêtés. Il faut être près pour cerner la finesse des sons qui se dégagent. Il y a un certain flottement, mais Allan reprend de sa voix et Joe répond par d’étranges miaulements ou cris d’oiseaux. On replonge dans cette atmosphère étrange où, par les prouesses techniques de Bernard Amaudruz (à la sono), les sons étirés et résonnants deviennent de plus en plus rythmés. Tout s’accélère de nouveau. Le tempo change rapidement. Les musiciens se lâchent et cohabitent parfaitement dans cette musique éphémère née de l’instant. Ça monte, ça monte… et tout s’arrête. On pense que c’est fini, les invités applaudissent et sifflent, mais non, ça repart ! Cette fois c’est une sorte de valse musette ou de guinguette, on ne sait pas trop, mais ça repart. Allan souriant est à la guitare et Joe trépigne, peint et chante de sa voix rauque en alsacien. Le concert s’achève avec un grand visage qui regarde le public heureux de ce qu’il vient de recevoir.

La suite de la soirée est une explosion de saveurs pour nos papilles. Le banquet est rempli de mets incroyables et tous aussi bons les uns que les autres. Chacun se régale et apprécie ce moment. Ce n’est que plus tard dans la soirée, quand beaucoup d’invités sont déjà repartis, que Jean Rochat et Ivor Malherbe décident de se refaire une jam. Petit plaisir pour ceux qui restent…. Jean Rochat tient une forme olympique. Indétrônable de sa batterie il joue encore jusque tard dans la nuit. 

G.R.

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