Concert-Performance
le 12 novembre à 20h00
Lausanne, Galerie ABpi

 

... A dix mains et cinquante doigts ...
Fanny A. et Joe Boehler Sculpures
Arvey Boone et Jean Rochat  Percussions

 

Entrée libre mais réservation obligatoire


 

12 novembre 2005
Concert-Performance


                  
A DIX MAINS
ET CINQUANTE DOIGTS








 


1) Visite dans l'atelier d'Arvey Boone
En compagnie de Fanny A. (sculpteur) et de Joe Boehler (peintre-sculpteur-performeur)
(Légende de la photo No 16: Fanny: "Mais, doux Jésus, que vont-ils encore inventer ?")

2) Le déménagement des instruments
De l'atelier d'Arvey Boone à la Galerie ABπ

3) Jour de répétition ordinaire chez ABpi
Avec, par ordre d'entrée en scène, Arvey Boone, Jean Rochat, Dorota Niedzwiecka, Joe Boehler, Claude Robert, Laurence Métrailler, Fanny A., Sophie Meylan et Steve Fleury

4) Photos de la performance
Photos de  Michel Vonlanthen

 

Communiqué de presse 

Concert – Performance

…à dix mains et cinquante doigts...

 

Une dizaine de ces cinquante doigts a élaboré des objets musicaux étonnants, une autre dizaine tiendra le soir de la performance des bâtons pour animer ces objets, une autre s’emparera du microphone et la vingtaine restante se plongera dans la terre pour en extraire deux sculptures de ce concert unique.

 

Les animateurs de l’atelier galerie ABπ à Lausanne Fanny A et Joe Boehler nous ont préparé une performance originale et palpitante. Ils ont invité des artistes hors du commun pour les affronter lors d’un événement dont la règle maîtresse est la spontanéité de la création sans limites.

 

Tout d’abord, nous verrons Arvey Boone, un musicien percussionniste aux idées originales qui invente ses propres instruments en les sculptant dans le bois, le métal ou les matériaux récupérés.

Avec son ami Jean Rochat, ils joueront leurs propres compositions sur ces sculptures musicales. La voix sensuelle de la chanteuse de jazz Claude Robert nous récitera de la poésie tandis que les deux artistes de la galerie sculpteront des têtes qui, à elles seules, auront encore un rôle important à jouer lors de cette soirée riche en émotions artistiques.

Dorota Niedzwiecka
 


La guillotine de l’art

12 novembre 2005, huit heure trente précise, les lumières de la galerie ABπ s’éteignent pour laisser place à un scintillement des minuscules flammes d’innombrables bougies. Disposées autour de bustes féminins en plâtre peuplant l’espace, elles leur donnent une esquisse de vie, une illusion de souffle et de frissons charnels. C’est par ce jeu d’ombres et de lumières créant l’ambiance que le spectacle commence.

Les premières notes viennent du dehors. Devant la porte, Jean Rochat et Arvey Boone  face à trois Têtes de Fanny A montées sur des tuyaux musicaux, invitent les esprits de la nuit. Puis armés d’instruments à vent, ils pénètrent dans la salle et errent parmi le public. La distance séparant habituellement les occupants de la scène et le public est brisée, elle n’a plus de raison d’être. C’est bien cela le message de Jean Rochat qui bien que percussionniste mondialement reconnu avoue aimer jouer avec des non professionnels. "L’art est une forme de communication, il doit être compréhensible pour tous, il doit  nous approcher, nous lier. La virtuosité mets une couche d’isolation.".

Cependant la scène, ou plus que celle-ci, la moitié de la salle est occupée par des objets particuliers éveillant la curiosité. Des constructions faites de tubes, de fils, de boîtes et de manivelles, dont les noms : "androlude", "hippophone", "râteau magique" aussi mystérieux que la forme, ne dévoilent rien de leurs affectation. Et pourtant ce sont les instruments de musique, des "sculptures musicales" de Arvey Boone. A corde, à vent et à percussion, ces instruments aux sons riches, composés plutôt d’accords que de notes, seront des outils des musiciens pendant le concert de ce soir.

Une sombre voix de velours déclare : "La guillotine est le chef-d’oeuvre de l’art plastique" et voici le public invité à suivre le découpage de la matière menant à l’apparition de deux têtes. Aux coins opposés de la salle Fanny et Joe, concentrés chacun devant un bloc de terre noire, se laissent emporter par la musique, par les récitations de Claude Robert et sculptent chacun une tête. Le résultat de cette expérience sera déroutant.

Durant presque une heure, cette magie se poursuit : Jean avec Arvey jouent en passant avec souplesse d’un instrument à l’autre, ils font découvrir aux présents des mondes inconnus d’impressions auditives. Claude chante des poèmes de Cendrars et de Chessex et sous les yeux étonnés des spectateurs apparaissent petit à petit deux visages noirs.

Ces sculptures sont des témoignages surprenants de la diversité de tempérament et de sensibilité artistique de Fanny et Joe. Crées en même temps, dans la même matière et sous l’impact de la même musique et poésie, elle sont diamétralement différentes. Fanny, ayant trouvé les sons tristes, presque douloureux, a donné à sa sculpture un aspect enfermé, figé, parfaitement lisse et inapprochable. Joe crée un monstre extraterrestre avec deux paires d’yeux, un crâne ouvert et des traits de visage criant de colère.

Laquelle des deux correspondait plus à l’ambiance du soir ? Les avis sont partagés…

Dorota Niedzwiecka
 

 

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