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José M. Ricketts

Exposition de peinture

Accueil > Activités > 2008 > José Ricketts

Du 2 au 17 février 2008
Jeudi et vendredi : 15 - 19h
Samedi : 10 - 16h
Dimanche : 14 - 16h
Ou sur rendez-vous (021 648 44 48)

VERNISSAGE-CONCERT le 2 février dès 19h00 avec Claude Buri, guitare et Ivor Malherbe, contrebasse

Avec l'Ambassade du Pérou à Lisbonne et le soutien de l'Ambassade du Pérou à Berne

Photos © Laurent Zinck

Et le temps nous voit passer dotés des mêmes instincts qui, jadis, dans leur état le plus légitime, ont couvert de bisons les parois des grottes millénaires.

Aujourd'hui les bisons ne sont plus que nostalgie, les grottes sont devenues des lieux où quelques pèlerins sont à la recherche des vestiges de tout ce qui est perdu. Les dieux ont filé, lassés, vers d'autres latitudes et nous, les hommes, ne savons que faire de ce sang qui bout et s'agite, regrettant les chasses imprégnées de significations ancestrales.

Alors, pour certains d'entre nous, les crocs poussent, nous avons honte de notre déplorable disposition à la vulgarité, nous croyons arriver, à travers des rituels solitaires, dans le territoire des bisons, dieux et déluges; et là nous nous mettons à créer.

J.M. Ricketts

L'étincelle

Les personnages sont là,
le spectateur contemple,
il attend l'histoire mais elle est au-delà de la toile;
les personnages ne sont pas dans le déroulement d'une narration,
ils sont l'instant parcellaire, (certains sont aux aguets),
il s'exposent,
se racontent-ils ?

Puis la curiosité du spectateur,
alors ils nous donnent une bobine, des bobines de couleurs éclatantes, de lumières
contrastées, de forces irruptives, et chacun nous dit : "Déroule l'histoire, ton histoire.
Je suis là, présent au monde mais mon monde n'existe pas. Je suis un fragment du monde, un éclat d'énergie. Je suis le commencement, à toi de tisser, le fil est ténu, il ne te retient pas, tu es libre de te mettre en danger ou d'avancer en équilibre, mais surtout, rappelle-toi, nous sommes complices" ;

l'étincelle éclate, l'histoire existe.


D'abord il y eut le néant concentré sur lui-même,
puis une explosion semblable à l'orgasme, d'où surgit
l'univers entourée de temps, espace et équations que
nous ne parvenons pas à comprendre.

Une trace de sang et de sperme parsème les chemins
des hommes. Avec leur arôme nous avons
confectionné des paradis, pyramides et enfers que
nous attribuons aux dieux pour expier les territoires
de la vie et de la mort.

Le même sang et le même sperme irriguent encore
les déserts de ce monde. Les dieux sont partis, pensifs,
les équations se sont dévoilées peu à peu, la lune est
une sphère connue, nous avons assassiné le Minotaure
avec une insolente vanité et le désir reste inébranlable,
comme une habitation pleine de démons où nous
dessinons, obstinés, les mots qui nous nomment.

Le temps, qui nous voit passer comme les acteurs d'une
tragédie forgée avec mépris et exactitude téméraire,
glisse sur des cadavres de créatures géantes dans
l'immensité d'un désert habité par le silence, le vent
qui bouscule la mémoire et des chiens affamés
qui rôdent sur les tombes de nos ancêtres.

José Ricketts


Surgissement des forces terrestres,
une explosion, non destructrice, l'intuition,
la force vive, primitive, nous propulse, l'amorce,

le jaillissement se propage,
l'élan primitif est nourri par la foudre des couleurs,
la puissance animale du feu, le feu créateur,

l'instantanéité, la fulgurance du trait, une calligraphie,

ces éclats de vie bouillonnante, l'allégresse,

réconciliés avec nous-mêmes et
projetés dans l'aura du monde, l'essor.

Véronique Micléa

En savoir plus

  • Biographie
  • Article paru dans la revue Accrochages, n° 94 - février 2008 : pages 1 et 2

Concert, œuvres exposées, cocktail


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