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Exposition Danse en couleur

Chantal Quéhen

Peintures et fil de Chrome
Du 10 septembre au 2 octobre 2005

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Vernissage
le 10 septembre dès 18h

Avec une improvisation de guitare de François Allaz et Claude Buri

Le vernissage

Fin d’après-midi en septembre, la lumière du jour encore vive se reflète sur les murs blancs de la galerie. Au milieu de cette clarté, comme des fenêtres donnant sur la nuit – les tableaux de Chantal Quéhen. Des couleurs sombres et éteintes, des contours flous, des compositions de taches d’encre aux ambiances nocturnes. Les spectateurs participant au vernissage du 10 septembre chez ABpi se disaient aspirés par la magie intrigante de ces peintures. Calmes et passives en première approche, elles révélaient une énergie et passion. Exactement comme dans l’obscurité, l’œil, petit à petit, saisi des détails et une image significative nous apparaît dans ce qui semblait être des paysages oniriques. Cette passion inscrite dans ses peintures reflète d’ailleurs la façon de travailler de l’artiste. Elle avoue créer très vite, sur le coup de l’inspiration, par des jets. Dans son atelier de St.Sulpice, les toiles sont posées par terre, les taches d’encre se mélangent, les lignes s’effacent, la création jaillit comme l’éruption d’un volcan.

En contrepartie, la série au fil de fer a suscité un intérêt moins instinctif mais plus intellectuel. Les images en relief : sur un support de toile blanche, les lignes se décollent, franchissent une troisième dimension, la frontière entre peinture et sculpture est anéantie. Le spectateur suit la ligne tremblante pour en déduire non pas des silhouettes, mais plutôt des attitudes. Le geste d’une main, un dos recourbé, un mouvement de tête, une nuque redressée : c’est une galerie de détails qui composent une image complète ; pas uniquement d’un corps, aussi d’une personnalité. La finesse de la ligne de fil de chrome tordu par l’artiste donne la touchante impression que les personnages respirent, bougent, vivent. Le graphisme minimaliste et sobre de ces réalisations laisse une large place au sous-entendu, c’est à l’imagination du spectateur de jouer.

Ces œuvres plastiques ont eu ce soir une enveloppe unique. Deux grands guitaristes, François Allaz et Claude Buri, se sont tranquillement installés sur la petite scène dans l’angle de la salle et se sont laissés envahir par l’ambiance et par l’énergie que l’accrochage dégageait. Un concert a commencé : des guitares dans un dialogue d’improvisation, un public comblé par le plaisir des yeux et celui des oreilles et… Chantal emportée par la danse. Elle se disait tellement émue par la similitude magique entre l’art des musiciens et le sien, que son corps a du l’exprimer. Elle semblait reconnaître dans les improvisations des guitares sa propre façon de travailler : un fort point de départ et des variations brodées autour, l’intuition  qui permet de faire confiance à la main en oubliant presque la technique et enfin un plaisir quasi jouissif et sensuel de faire ce qu’on fait.

Et ce plaisir, nous, les spectateurs présents, nous l’avons tous ressenti. Il était tellement contagieux que nous l’avons emporté avec nous comme le souvenir précieux de cette soirée chaleureuse et poétique.

Dorota Niedzwiecka

Photos du vernissage

 
 
 
 

Œuvres exposées

 

Deux guitaristes, deux âmes qui se rejoignent sur une envie de liberté et de rigueur.
Des mélodies se choquent et se dessinent sur des thèmes d'improvisations magiques

Une peinture physique et métaphysique qui se joue des corps dans des décors.
Une danse picturale où le hasard des taches se fracasse sur des rêves intérieurs.